Dépistage et diagnostic de l’autisme

 

Dépistage et diagnostic de l’autisme

à lire aussi 

en ligne 

ou ici 

Dépistage et diagnostic de l’autisme

1- Fiche de synthèse « Recommandations pour les professionnels de première ligne »

2- Fiche de synthèse « Recommandations pour les équipes spécialistes dans l’autisme »
Dépistage et diagnostic de l’autisme
Recommandations sur le dépistage et le diagnostic de l’autisme
Fédération française de psychiatrie

En partenariat avec la Haute Autorité de santé
Sous le patronage de la direction générale de la Santé
et de la direction générale de l’Action Sociale
avec le soutien financier de la DGS, de la DGAS et de la HAS,
avec le concours de la fondation France Telecom


1 - Recommandations pour les professionnels de première ligne

Définition (CIM 10) :

L’autisme est un trouble du développement caractérisé par des perturbations dans les domaines des interactions
sociales réciproques, de la communication et par des comportements, intérêts et activités au caractère restreint,
répétitif.

Données générales

• À ce jour, le diagnostic de l’autisme est clinique. Le plus souvent, le diagnostic peut être établi à partir de
l’âge de 2 ans. Il repose sur un faisceau d’arguments cliniques recueillis dans des situations variées par
différents professionnels. Il est associé à une évaluation des troubles et des capacités ainsi qu’à la recherche
de maladies associées. Il se fait en collaboration avec la famille.

• Un professionnel suspectant un autisme mais qui ne peut assurer la procédure diagnostique décrite doit
adresser l’enfant le plus tôt possible à une équipe spécialisée en préparant sa famille et en favorisant les
conditions de l’accueil de l’enfant et de sa famille auprès de cette équipe.

• Il est fortement recommandé que le développement de la communication sociale fasse l’objet d’une
surveillance systématique au cours des trois premières années, dans le cadre des examens de santé au même
titre que les autres aspects du développement. À l’âge scolaire (maternelle et primaire), compte tenu des
formes d’autisme à expression plus tardive, il est recommandé d’être attentif aux enfants ayant des
difficultés importantes dans les interactions sociales et des particularités dans les apprentissages sans pour
autant présenter de retard mental significatif.


Recherche des signes d’alerte

• Le praticien doit rechercher ces signes sur la base de l’interrogatoire des parents (pour recueillir des
éléments sur la réactivité sociale de l’enfant) et d’un examen de l’enfant permettant de l’observer et de le
solliciter sur un temps suffisant dans l’interaction avec son environnement. L’enfant doit être revu
rapidement et régulièrement en cas de doutes. En cas de doutes persistants, l’enfant doit être orienté vers un
pédopsychiatre ou un neuropédiatre.


Signes d’alerte devant faire rechercher un autisme


• Les inquiétudes des parents évoquant une difficulté développementale de leur enfant (elles sont fortement
corrélées à une anomalie effective du développement).

• Chez un enfant avant 3 ans : passivité, niveau faible de réactivité/anticipation aux stimuli sociaux (ex. : ne
se retourne pas à l’appel par son prénom ; manque d’intérêt pour autrui, préfère les activités solitaires),
difficultés dans l’accrochage visuel, difficultés dans l’attention conjointe (attention partagée par 2
partenaires sur un objet tiers) et l’imitation, retard ou perturbations dans le développement du langage,
absence de pointage, absence de comportement de désignation des objets à autrui, absence d’initiation de 1- Fiche de synthèse « Recommandations pour les professionnels de première ligne »
2- Fiche de synthèse « Recommandations pour les équipes spécialistes dans l’autisme »
jeux simples ou ne participe pas à des jeux sociaux imitatifs, absence de jeu de faire semblant, intérêts
inhabituels et activités répétitives avec les objets.

• Quel que soit l’âge, une régression dans le développement du langage et/ou des relations sociales.

• Des antécédents d’autisme dans la fratrie en raison du risque élevé de récurrence.

• Quelques signes ont une valeur d’alerte très importante chez l’enfant de moins de 3 ans et doivent
conduire à demander rapidement l’avis de spécialistes (cf. encadré ci-dessous).


Adapté de Baird et al. 2003

o absence de babillage, de pointage ou d’autres gestes sociaux à 12 mois ;
o absence de mots à 18 mois ;
o absence d’association de mots (non en imitation immédiate) à 24 mois ;
o perte de langage ou de compétences sociales quel que soit l’âge.




Diagnostic formel

L’enfant doit être orienté pour confirmation diagnostique vers des professionnels formés et expérimentés. Le
diagnostic nécessite une équipe pluridisciplinaire entraînée à l’examen du développement de l’enfant,
notamment dans ses aspects psychopathologiques et ayant une bonne connaissance de ce qui peut être proposé
aux parents en termes de soins, d’éducation, de pédagogie et d’accompagnement de leur enfant. Cette équipe doit
être en relation avec les professionnels susceptibles d’assurer les consultations génétique et neurologique. Telles
que définies, ces équipes peuvent être localisées en CAMSP, CMPP, cabinet de praticiens libéraux coordonnés
entre eux, service de psychiatrie infantojuvénile, service de pédiatrie, unités d’évaluation ou centre de ressources
autisme.


Information à donner aux parents avant l’établissement du diagnostic

• Il est recommandé de ne pas annoncer un diagnostic avant les résultats de l’évaluation pluridisciplinaire.

• Il est recommandé de ne pas utiliser les termes d’autisme chez un enfant de moins de 2 ans ou en cas de
doute diagnostique et d’utiliser plutôt la notion de trouble du développement dont la nature est à préciser.